UberPop versus Taxis : une guerre peut en cacher une autre…

Publié par - 1 mars 2016
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Au delà des changements de paradigme, des risques pour notre modèle social à transformer tous les individus en entrepreneurs et en freelancers, de l’atomisation de notre appareil productif ( posséder vs partager), – A ce jour Uber ne possède aucune voiture, de même qu’ Airbnb ne possède aucun logement ou que Youtube ne produit aucun contenu – il n’empêche qu’en matière de design, Uber remporte un succès amplement mérité.

 

Ses défenseurs sur les réseaux sociaux le soulignent sans réserves : à la fois le service en lui-même, mais aussi son prolongement numérique (l’appli) ont été extrêmement bien pensés et ficelés. Dans la voiture, un accueil personnalisé, des bonbons et des bouteilles d’eau tandis sur l’appli on peut trouver les autres voitures Uberpop disponibles à proximité sur une carte, on peut suivre en temps réel le déplacement de  « sa voiture ». Il existe  par ailleurs une évaluation des chauffeurs et plusieurs offres adaptées à tous les budgets et toutes les envies (du covoiturage aux voitures « de luxe »).

En terme d’usages, Uberpop est vraisemblablement une réponse aux besoins du consommateur urbain contemporain : connecté, social et soucieux pour son pouvoir d’achat.

 

Mais cette guerre des  taxis contre les chauffeurs non professionnels est très certainement la première phase d’une lame de fond, qui va se jouer en deux mouvements et qui finira par rassembler et réconcilier nos belligérants actuels :

Tout d’abord une remise en question des « privilèges » et des « rentes », par des nouveaux arrivants disruptifs qui jouent sur la précarité économique des travailleurs.

Suivie dans peu de temps par une nouvelle guerre à venir entre véhicules de transports quand les voitures n’auront plus du tout besoin de chauffeurs pour se déplacer…

 

Il y a dans toute innovation un équilibre délicat à trouver entre la « part de regret »d’un modèle ancien  et la « part de progres » d’un nouveau concept. Il semble que ce qui fait violence avec Uber et son application Uberpop c’est le côté radical de la rupture. Il n’existe pas aujourd’hui de troisième voie entre les taxis classiques qui investissent dans un véhicule et une application américaine qui utilise les voitures des particuliers pour capturer de la valeur et la transférer dans son pays d’origine.

Il serait sans doute moins douloureux d’ accompagner cette évolution et de réguler pour protéger les personnes fragilisées par ces nouveaux modèles.

De nouvelles solutions sont à imaginer comme en Corée où certaines municipalités ont par exemple interdit Uberpop et proposé des applications locales pour la remplacer.

Publié par - 1 mars 2016
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