Les Sismo, une famille plutôt qu’une agence

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Publié par - 14 décembre 2016
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La société fondée par Antoine Fenoglio et Frédéric Lecourt a doublé de taille en trois ans mais veut garder son modèle singulier.

Article paru le lundi 5 décembre 2016 dans DesignFax, la lettre hebdomadaire des stratégies design.

Le design et le ballet, l’alliance semble improbable. Et pourtant chez les Sismo depuis quelques semaines, une danseuse professionnelle, Émilie Regen, intervient régulièrement pour sensibiliser les clients et les collaborateurs à la place du corps dans l’espace. C’est le Sismo Design Ballet. « Quand on travaille sur un hôtel, cela permet d’appréhender les déplacements, le passage d’un lieu à un autre, explique Antoine Fenoglio, cofondateur de l’agence avec Frédéric Lecourt. On peut disposer du mobilier pour aider à ralentir le rythme. Dans un pays où on est tellement conceptuels, nous voulons réintégrer le corps dans la décision. » Depuis cinq ans, l’agence située près du Centre Pompidou à Paris a également acquis un château du 12ème siècle, la Commanderie dans la Creuse, qui lui sert à organiser des séminaires mais où elle invite aussi les clients à manier la truelle pour participer à la rénovation.

Ces méthodes iconoclastes semblent lui réussir puisqu’en trois ans, l’agence est passée de 10 à 20 personnes. Elle est désormais structurée autour de quatre pôles : le design thinking dirigé par l’architecte Olivier Ménard, le design industriel sous la houlette de Laurent Vermeglio, ex-Alcatel, le digital dont le dirigeant est en cours de recrutement et enfin la formation et la communication confiées à Marialya Bestougeff, passée par PSA. « C’était difficile de grandir tout en préservant notre indépendance mais on se considère comme un projet, une famille créative plus qu’une agence organisée autour d’un duo, précise Antoine Fenoglio. C’est pourquoi on cherche des profils avec une fibre entrepreneuriale. On veut être une pointe de flèche, être là où le design n’est pas encore, où il n’est pas forcément industrialisable. » Parmi ses convictions : pas de consultants. « On forme tout le monde en interne pour être capable d’accompagner les clients. »

Et aussi : pas de compétitions. « Ça fait gagner du temps. On cherche des clients curieux, qui ont besoin de prendre des risques. » Parmi ceux-ci, le Groupe Accor qui face à la concurrence d’Airbnb teste des prototypes d’hôtels, avec des implications en interne puisque les réactions sont recueillies en direct sur TripAdvisor, sans le filtre du service de communica- tion. « On aide des grands groupes comme Sanofi, Saint-Gobain, Renault à avoir une démarche inno- vante et surtout à transmettre cette méthodologie pour que l’innovation ne crée pas des points de rup- ture dans les équipes. » Mais Sismo travaille aussi pour des PME et ETI (40% de l’activité) comme le porcelainier Pillivuyt.

En 2017, l’agence au logo en forme de mouton qui crache du feu fêtera déjà ses vingt ans. « On va à notre rythme, se félicite Antoine Fenoglio. C’était mon rêve de gamin d’avoir un château, pas d’avoir une agence de 200 personnes. Nous voulons être un projet humain plutôt qu’une entreprise. »

Publié par - 14 décembre 2016
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