Qu’est ce qu’un produit Culte ?

Publié par - 1 avril 2016
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Il n’existe certes pas de recette, dont il suffirait de mélanger les ingrédients, pour produire un objet culte. Celui ci n’est pas forcément le plus beau, ni le plus parfait mais on retrouve dans son succès certaines caractéristiques communes :  

 

Objet culte et usage associé

 

Il n’existe pas d’objet culte sans usage associé car cet objet représente la rencontre d’une fonction qui se doit d’ être juste et compréhensible, avec une capacité ou un besoin d’évolution de la société.

A partir des années 1960,  l’industrie automobile et depuis les années 1980, les moyens de communication ou l’informatique en sont de bons exemples. L’objet culte le devient car il s’inscrit dans un besoin pérenne. C’est ce qui le différencie du gadget qui va seulement s’approprier une tendance de façon éphémère.

 

Objet culte et technologie associée

 

Pour que l’objet puisse devenir culte il faut également que la technologie associée soit mûre et parfaitement maîtrisée pour être reproductible au bon coût auprès de l’ensemble des usagers concernés. La conception d’un objet culte est ainsi adaptée au plus près des processus de production et son « dessin », suffisamment contemporain et suffisamment atemporel, est à la fois l’expression de l’intelligence collective des équipes qui le projettent et un média pour le rendre compréhensible auprès de son public.

 

Objet culte et signe distinctif

 

Dans son ouvrage « La société de consommation, » Jean Baudrillard démontre clairement que l’acquisition d’un objet culte, bien au delà de la satisfaction d’un besoin,  correspond à la mise en avant d’un signe distinctif d’appartenance à certains  groupes sociaux. En s’appropriant tel ou tel objet l’individu lance un signe extérieur et semble capter un peu de puissance par rapport au monde extérieur.

 

Du produit à la story

 

Jusque dans les années 90, l’aura d’une marque venait avant tout du produit lui-même : Singer tenait son prestige de la machine à coudre, à la fois meuble et outil qui se transmettait de génération en génération ; les gens qui aimait la marque Ford ou la marque Citroën conduisaient des Ford ou des Citroën toute leur vie ;

Aujourd’hui les grandes multinationales se rejoignent  autour la même préconisation :

« Pour prospérer les entreprises doivent d’abord produire des récits plutôt que des marchandises »; Il ne s’agit plus pour l’usager d’acquérir un objet mais de se plonger dans un univers narratif, d’accéder à  un récit de vie qui propose des modèles de conduite, des expériences, incluant certains actes d’achat.

Aujourd’hui la mise en récit de « l’objet culte » transforme son usage en casting de film :  son acquéreur devient le personnage d’une histoire, la marque lui fournit le décors et les accessoires.

 

L’art de faire évoluer les grands standards

 

Ces « objets cultes » appartiennent à notre inconscient collectif, et les faire évoluer tout en gardant un lien fort avec leur histoire est souvent un défi à relever. Il s’agit de réveiller une image qui  parfois n’a pas bougé depuis longtemps et qui s’est parfois un peu figée… Le grand public doit continuer à garder un lien émotionnel avec ces objets fabriqués en très grande série et continuer à les reconnaître.

 

De la célèbre tasse à café Richard ,  à la boite aux lettre de la Poste , en passant par une nouvelle ligne de service Pastis 51 chez  SISMO nous récidivons régulièrement dans l’art de revisiter les grands standards.

Pour moderniser ces îcones, nous nous attachons à explorer les petits détails qui caractérisent un objet, à évaluer leurs forces et leur faiblesses afin de trouver un juste équilibre entre une intervention discrète mais efficace.

 

Pour prolonger cette réflexion nous vous invitons à assister au rendez vous proposé par le Musée des arts et métiers, le 10 septembre 2015 de 18h30 à 20 heures :

 

« Des tops au flops, qu’est-ce qu’un produit culte »,

 

Avec la participation de :

– Marc Giget, président de l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation (IESCI) et du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation

Nicolas Nova, chercheur et consultant au Near Future Laboratory, professeur à la Haute école d’art et de design de Genève
La conférence débat sera suivie d’une visite de l’exposition Inventions/Design-Regards croisés.

Publié par - 1 avril 2016
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