Les Explorateurs dansent !

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Publié par - 20 juin 2017
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          Le 1er juin, nous avons organisé le colloque Les Explorateurs #danse, en partenariat avec le 104 factory. Cycle de conférences, Les Explorateurs sont des rendez-vous (ré)créatifs qui proposent d’explorer un domaine sous un angle novateur. Ces rencontres sont l’occasion de s’ouvrir à des univers artistiques différents du design, mais présentant les mêmes enjeux : s’inscrire dans des contextes culturels, sociaux et économiques, tout en valorisant les recherches innovantes. Après une première exploration à l’IRCAM, de la musique contemporaine, cette année nous avons décidé d’explorer la danse ! Le choix du lieu n’est pas anodin, puisque le 104 abrite des espaces de danse en son sein.

          Trait d’union entre l’art et l’innovation, le CENTQUATRE-PARIS est un lieu improbable. Une rencontre entre des entités multiples, diverses, qui ensemble expérimentent et créent. De par son hybridité insolite, cette fabrique artistique et culturelle présente de nombreux points communs avec notre état d’esprit. Elle est également tournée vers l’innovation, comme le montre son incubateur, le 104 factory. Valérie Senghor, directrice adjointe et directrice du développement et de l’innovation du 104, a présenté les différentes facettes de cet établissement hors norme. Lieu de résidences, d’exploration  et de diffusion, mêlant et croisant les divers champs de la création artistique, il est résolument ouvert sur la ville et ses habitants.

 

Les pratiques personnelles et spontanées dans la nef du 104 !

Une photo prise dans la nef du 104

 

           Avec la complicité d’Emmanuelle Simon de la Fabrique de la Danse, start-up incubée au 104 Factory, et Marialya Bestougeff, notre responsable du partage, nous avons invité le public à se mettre en mouvement. Des gestes qui habituellement ne se font pas dans une conférence : s’étirer, se lever ou encore regarder son voisin dans les yeux… Cette collection de mouvements était une invitation à être plus présent à soi. Une gestuelle pour se reconnecter à son être, mais qui permet finalement d’aller vers l’autre.

 

 

          Gwendaline Bachini, artiste new media et fondatrice de la C.R.I., manie l’outil digital pour explorer la danse. Pendant la conférence, elle a parlé de son expérience avec les chercheurs de l’INRIA (Grenoble), pour un cycle de danse média immersif : ANIMO. Ce cycle de créations se centre sur « l’erreur » dans les méchanismes de l’évolution du vivant et intègre les technologies du projet R&D Creamove. Animée du désir de développer une technologie propre, elle a créé un langage commun avec des chercheurs : des dessins qui se traduisent en tableaux. A travers ses expositions numériques, Gwendaline se penche sur la force du mouvement. Lors d’un voyage à Pékin, elle a donné des cours de danse à des étudiants de multiples nationalités. Elle a alors conçu le projet “e-volution” : une collection de séances improvisées et des données individuelles, envoyées par chaque élève via leurs mobiles. Avec ce florilège de données, Gwendaline a conçu une seule et même identité : une chorégraphie unie, unique, recomposable à loisir. En plus de rendre compte de la puissance du mouvement corporel, ce projet montre comment danse et nouvelles technologies peuvent être liées. La singularité de chaque être est mise au service de la collectivité. L’outil digital permet de créer une chorégraphie inédite, métaphore de l’homme qui évolue grâce à la technologie, à autrui et à la danse. D’où ce jeu de mot entre “evolution” et “e-volution”.

          Antoine Fenoglio et Frédéric Lecourt, nos duettistes préférés et co-fondateurs de notre collectif, les Sismo, ont mis en lumière certaines expériences marquantes qui ont renforcé notre attrait pour les mondes de la danse. D’abord à l’école, dans le cadre des classes à Projets Artistique et Culturel, nous avons impliqué le corps dans la conception de l’objet. Par la suite, nous avons partagé l’expérience du corps de l’artiste avec l’exposition “Frida et moi”, présentée au centre Georges Pompidou, puis dans la région d’Acapulco au Mexique.

 

     “Les Sismo explorent le design là où on ne l’attend pas encore”

          C’est aussi à la Commanderie, notre lieu d’exploration, qu’on puise notre inspiration. Dans ce monument historique du XII ème siècle, nous prenons du recul et nous invitons nos convives à retrouver l’expérience du corps, face à la matière de notre forge. C’est également lors de nos projets comme le Domolab pour Saint-Gobain, que nous créons le dialogue autour des sensations de confort et du corps. Ou encore pour Pôle Emploi, dans le cadre de l’Agence de Demain, nous créons par le partage un espace public. Avec ce projet, nous avons pu observer comment le mobilier peut favoriser la distance et le conflit entre les gens. C’est pourquoi nous avons, dans nos propositions, cherché à créer une proximité entre les personnes. C’est grâce à cette proximité que le dialogue est possible. Dans le dialogue, naît l’échange d’idées. Et du partage d’idées, naît l’intelligence collective. Ainsi, nous explorons le design, là où on ne l’attend pas encore.

Nos inspirations sont aussi au Japon, lors de la visite de l’atelier d’Isamo Noguchi, et de la découverte de son travail avec Martha Graham. Emilie Regen, danseuse professionnelle formée à la Martha Graham School de New-York, donne des cours de danse chaque mercredi soir dans notre studio. Elle nous aide à mettre nos corps en mouvement pour libérer nos esprits. Assertion prouvée par le public des explorateurs #danse, puisque la mise en mouvement a permis à tous de se décrisper. En se prêtant au jeu du micro-son, une expérience à deux, gênante de prime abord, la situation a très vite été décomplexée et les invités étaient plus à l’aise pour échanger, poser des questions ou partager une réflexion.

 

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Nos invités, attentifs

          L’innovation est aussi au coeur de la Fabrique de la Danse qui fait le pont entre les univers de l’entreprise et ceux de la chorégraphie. Cette start-up hébergée au 104 Factory, a créé un incubateur innovant pour professionnaliser les chorégraphes, sur des aspects essentiels inspirés par les pratiques des entreprises. Orianne Vilmer, ingénieure, danseuse et chorégraphe, en est l’une des co-fondatrices. Elle nous a présenté les activités de cette entreprise prolifique, co-fondée par des passionnés qui proposent des formations par la danse dans des entreprises. Vincent Barrat, co-fondateur et associé chez Akoya Consulting, a témoigné de son expérience avec la Fabrique de la Danse et soutient d’ailleurs que la mise en mouvement permet de gérer ses émotions dans l’entreprise.

 

          Si la danse n’a pas vraiment été de mise, ce sont plutôt le geste et le mouvement qui ont été déployés. Nous avons été touchés par votre implication, votre envie d’explorer avec nous ces vastes champs de réflexion, les nombreux échanges que nous avons eu et le très bel accueil des équipes du 104, avec qui nous tissons chaque jour de nouveaux liens.

          MERCI !

 

        Nous poursuivrons cette exploration avec des ateliers de découverte du design, destinés au jeune public à la rentrée au 104. Nous vous encourageons vivement à découvrir la très belle saison 2017/2018  !

       On a hâte d’explorer avec vous de nouveaux univers !

 

Marialya Bestougeff et Maureen Kakou  @ les Sismo

Publié par - 20 juin 2017
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